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 Pénurie de zlabiya durant le Ramadan ?

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Admino
Admin


Nombre de messages : 579
Localisation : alger
Date d'inscription : 23/06/2008

MessageSujet: Pénurie de zlabiya durant le Ramadan ?   Lun 18 Aoû - 15:42



PAS DE VENDEURS OCCASIONNELS


Consommateurs invétérés de zlabiya, vous ne la trouverez plus aussi facilement et partout durant ce mois sacré de Ramadan. Fini le temps où n’importe quel commerçant pouvait vendre ce type de pâtisseries orientales dans son local. Les vendeurs occasionnels sont devenus des persona non grata.
A quelques jours du mois sacré du Ramadan, la vente des pâtisseries orientales, dont la zlabiya, est soumise à de nouvelles dispositions. Le ministère du Commerce vient de définir les conditions d’exercice de l’activité de préparation et de commercialisation de ces plaisirs gustatifs. Selon un communiqué du département de El Hachemi Djaâboub, l’exercice de cette activité *est soumis à l’inscription au registre du commerce sous le code n° 501- 205 de la nomenclature des activités économiques soumises à l'inscription à ce registre*. En conséquence, tout commerçant ayant l'intention de changer d'activité, à titre temporaire ou définitif, en vue de l'exercice de cette activité durant le mois de Ramadan, est tenu de procéder à la *modification préalable de son registre du commerce*. Faute de quoi, il fera l’objet, selon le même communiqué, *de sanctions administratives et pénales prévues et ce, pour l'exercice d'une activité commerciale illégale*.
Fini le temps des vendeurs occasionnels ?
Fini donc le temps où n’importe quel commerçant, qu’il soit vendeur de textile, boulanger ou garagiste, pouvait changer d’activité simplement et vendre ce type de pâtisseries orientales dans son local ? Aux oubliettes du temps, ces cohues devant n’importe quel étal de vendeur de zlabiya, à quelques minutes de la rupture du jeûne et même avant ? Il semble que oui. Le gouvernement cherche ainsi à mettre de l’ordre dans cette corporation, l’assainir et la contraindre au respect de la réglementation en vigueur. Ainsi, les activités commerciales seront identifiées et clarifiées. Une mesure salutaire de prime abord. Il n’y aura plus de vendeurs occasionnels de la réputée zlabiya de Boufarik et autre tunisienne, aux variantes multiples. Moins de risque donc pour la santé et l’hygiène dans des locaux qui servaient à la vente d’autres produits. A ce sujet, le ministère du Commerce *appelle l'ensemble des intervenants dans ce domaine à veiller au respect des conditions d'hygiène des locaux commerciaux, du personnel, des équipements utilisés et des ustensiles pour la préparation, ainsi que l'utilisation d'emballage adéquats*. Il s’agit d’offrir des produits sains ne présentant aucun risque pour la santé des consommateurs * pour les pouvoirs publics qui recommandent également de *ne pas laisser à l'air libre l'huile déjà utilisée et de la renouveler entièrement au lieu d'en rajouter durant les étapes de cuisson*.
La vente occasionnelle de la zlabiya, ses tares
Des recommandations utiles d’autant que certains vendeurs occasionnels et même permanents ne respectent pas totalement les minima des règles d’hygiène et de propreté. Ils laissent carrément leur marchandise si appréciée à l’air, exposée à toutes les pollutions et vecteurs de maladies. Voire, ils ne changent pas l’huile de cuisson, même après une semaine d’utilisation. Par souci d’économie, ces commerçants minimalisent l’aménagement de leurs locaux : un pétrin, deux au maximum, un étal et une caisse. Et au risque de porter attente à l’esthétique des lieux et de l’environnement. Ces *zlabiyistes* présentent leurs pâtisseries de la même manière que s’ils présentaient des vêtements, des chaussures ou du matériel de quincaillerie. D’autres vendeurs utilisent des ingrédients et colorants qui ne répondent même pas aux normes de qualité en vigueur dans notre pays. Ils exercent leur activité sans contrôle, la passivité et l’inaction de certains inspecteurs de l’administration encourageant parfois cet état de fait.
La zlabiya introuvable donc ?
Mais diriez-vous, vous consommateurs invétérés de la *benna* de Boufarik, on ne la trouvera plus comme avant, facilement et partout, dans tous les coins de rue. Il faudra faire de longs trajets, ce qui n’est pas chose aisée pour les jeûneurs algériens dont la patience n’est pas chose coutumière. Ou bien tisser de bonnes relations avec les commerçants permanents, devenus les fournisseurs exclusifs de ces douceurs mielleuses. Il faudra surtout pouvoir trouver ces commerçants dont le nombre se réduit comme une peau de chagrin. Une restriction qui s’explique aussi par la hausse du prix de vente de la zlabiya, un phénomène devenu récurrent et qui s’explique par la flambée au niveau mondial des cours des matières premières, les dysfonctionnements du marché national et la spéculation. Des prix qui ont plus que triplé ces dernières années, même si la hausse a été quelque peu moindre l’année dernière. Dans ce contexte, même les commerçants permanents commencent à fermer boutique.
Une mesure salutaire mais…
Et que dire de tous ces commerçants, restaurateurs, propriétaires de snacks et fast-food et autres, tenus de fermer pendant le jour et qui voient leur rentabilité baisser et contraints de se convertir en *zlabiyistes*, à qui le gouvernement dit niet ? A-t-on pensé à leur cas ? Ou confond-on entre mercantilisme, teinté de religiosité, et goût du gain facile et l’exercice honorable d’une activité commerciale même temporaire ? A-t-on prévu des mécanismes de compensation adéquate pour ces commerçants, sans tomber dans les errements de l’assistanat. En faisant de l’obsession des pouvoirs publics à faire respecter des règles de l’économie de marché dans un pays bazardisé, qui fonctionne à l’aveuglette ? Vous pourriez aussi remarquer que les artères commerciales et même les autres perdront de leur cachet durant le mois de Ramadan.
Où sont les senteurs ramadanesques d’antan ?
Vous ne sentirez plus comme avant les senteurs ramadanesques particulières qui se dégagent des pétrins ou des présentoirs des pâtisseries, dans les rues où vous passerez. Vous chercherez en vain à humer ces arômes qui enchantent les palais en soirée. Vous serez, peut-être, convaincus que le mois de Ramadan ressemble de plus en plus aux autres mois de l’année, marqués de surcroît par la cherté de la vie et les incertitudes sociales. Vous penserez que les artères commerciales algériennes s’uniformisent de plus en plus, sans ressembler à leurs homologues européennes. Loin de tout occidentalisme de mauvais aloi. Fi aussi de tout populisme. Vous vous interrogerez alors : sommes-nous en train de nous faire voler ce qui fait le charme du carême ? Et vous recevrez comme réponse : oui, pour vous et malgré vous.




Il n’y a plus de zlabiyistes tunisiens !

Faites un tour au quartier Meissonier à Alger- Centre, un quartier connu depuis longtemps pour son marché et ses bazars. Un quartier réputé aussi pour ses deux boutiques de zlabiya, l’une à côté du cinéma Maestro, en cours de réhabilitation (?), et la seconde en face de la célèbre boulangerie- pâtisserie Boukadoum, divisée maintenant en deux parties. La seconde boutique de zlabiya a longtemps été tenue par des Tunisiens, qu’ils soient de la même famille ou associés. Cette échoppe restait ouverte pendant toute l’année, fréquentée par tous les fins gourmets de zlabiya, qtaïfs et makrouts… Mais cette boutique est fermée depuis deux ans. Une fermeture inexpliquée. Lassitude du vendeur ? Décès ou problèmes familiaux ? Problèmes de co-gérance ? Absence de personnel et de relève ? Non-respect de la réglementation algérienne ?... Une situation qu’on retrouve ailleurs, dans d’autres quartiers d’Alger et d’autres villes du pays. Beaucoup de préparateurs et de commerçants tunisiens ont déserté pour une raison ou une autre cette activité. Ils sont rentrés dans leur pays ou changé carrément de métier. Un métier qui perd ses spécialistes au profit de vendeurs de tous acabits, professionnels et non professionnels. Il n’y a plus de zlabiyistes tunisiens comme avant en Algérie, pourrait-on conclure !

Quotidien: le soir d'Algerie
Chérif Bennaceur
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